Comment recruter des profils en hôtellerie et restauration ?

· 9 min · Margot PIERSON
Recruter des candidats pour hôtels, restaurants et cafés.

Le recrutement en hôtellerie et restauration est devenu un défi majeur pour de nombreux restaurants, hôtels et établissements touristiques. Malgré une forte demande en emploi, les recruteurs peinent à recruter des candidats qualifiés pour des postes en salle, en cuisine, à l’accueil ou au management. Les difficultés ne concernent plus seulement les périodes saisonnières : elles s’installent désormais toute l’année. Dans ce contexte, publier une simple offre d’emploi ne suffit plus. Pour attirer des candidats, il est indispensable de travailler sa marque employeur, de revoir son processus de recrutement et d’utiliser des méthodes plus proactives. La liste officielle des métiers en tension publiée en 2025 confirme d’ailleurs que l’hôtellerie et la restauration figurent toujours parmi les secteurs où les employeurs rencontrent les plus grandes difficultés d’embauche. Les entreprises doivent donc repenser leur stratégie afin d’identifier les meilleurs profils, valoriser leurs conditions de travail et offrir une véritable expérience candidat. Alors, comment recruter efficacement dans un marché aussi concurrentiel ? Quelles pratiques permettent aujourd’hui d’attirer, sélectionner puis fidéliser les meilleurs talents ? 

L’essentiel à retenir

  • Le recrutement en hôtellerie et restauration reste fortement impacté par les métiers en tension
  • Une offre d’emploi ne suffit plus : il faut désormais attirer les candidats avant la concurrence
  • La marque employeur, le management et les conditions de travail jouent un rôle déterminant
  • Le sourcing permet d’élargir le vivier de profils au-delà des seules candidatures entrantes
  • Un processus rapide et une bonne intégration augmentent fortement les chances de concrétiser une embauche

Pourquoi le recrutement en hôtellerie-restauration est-il devenu si difficile ?

Trouver un serveur, un cuisinier, un chef de partie, un réceptionniste ou un responsable de salle est devenu particulièrement complexe. Les besoins restent élevés alors que le nombre de candidatures peine à suivre. Les métiers de l’hôtellerie et de la restauration figurent toujours parmi ceux pour lesquels les employeurs rencontrent les plus fortes difficultés de recrutement. Cette situation confirme que les tensions observées depuis plusieurs années ne sont pas conjoncturelles, mais bien structurelles.

Plusieurs facteurs expliquent cette réalité : des horaires parfois contraignants, une forte saisonnalité, un turnover important, mais aussi une évolution des attentes des salariés. Aujourd’hui, les candidats recherchent davantage qu’un salaire. Ils accordent de l’importance au management, à l’ambiance d’équipe, aux perspectives d’évolution, à la formation et à l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle.

Les méthodes traditionnelles montrent leurs limites

Pendant longtemps, publier une annonce sur un jobboard suffisait pour recevoir plusieurs candidatures. Cette approche fonctionne de moins en moins.

Les meilleurs profils sont souvent déjà en poste. Ils ne consultent pas forcément les sites d’emploi, mais restent attentifs à une opportunité offrant de meilleures conditions de travail ou un projet plus motivant.

Autrement dit, les établissements qui attendent simplement que les candidats postulent prennent le risque de passer à côté des profils les plus recherchés. Et surtout le risque est de maintenir la même activité avec des bras en moins. On a besoin de recruter, là tout de suite maintenant, c’est la clé. 

Cette évolution oblige les recruteurs à adopter une démarche plus proactive, capable d’aller identifier les bonnes personnes avant qu’elles ne rejoignent un autre restaurant, un autre hôtel ou une autre enseigne. C’est précisément cette logique qui explique pourquoi le sourcing prend aujourd’hui une place de plus en plus importante dans le recrutement des profils opérationnels. 

Comment attirer des candidats en hôtellerie et restauration ?

Dans un marché où les candidats ont souvent plusieurs opportunités, la question n’est plus seulement de recruter, mais de donner envie de rejoindre votre établissement plutôt qu’un autre. Les employeurs qui réussissent sont ceux qui comprennent que l’attractivité commence bien avant l’entretien.

Aujourd’hui, les professionnels de la restauration et de l’hôtellerie recherchent un environnement de travail agréable, un management de qualité, des perspectives d’évolution et une organisation compatible avec leur vie personnelle. Le salaire reste important, mais il n’est plus le seul critère de décision.

La marque employeur ne se résume pas à une belle communication

Beaucoup d’entreprises pensent encore que la marque employeur consiste uniquement à publier quelques photos sur les réseaux sociaux ou une vidéo de présentation.

En réalité, elle reflète la réputation d’un restaurant ou d’un hôtel auprès de ses salariés, de ses anciens employés et des futurs candidats (même parfois de ses clients).

Chaque interaction contribue à cette image : le contenu d’une offre d’emploi, la rapidité de la réponse, la qualité de l’accueil lors de l’entretien, les avis publiés sur Internet ou encore le bouche-à-oreille entre professionnels.

Une promesse employeur ne peut être crédible que si elle correspond à la réalité du terrain. Valoriser un environnement de travail collaboratif n’aura aucun impact si le quotidien des équipes raconte une autre histoire.

Une offre d’emploi doit donner envie avant de lister des missions

De nombreuses annonces commencent encore par une longue liste de tâches et de compétences attendues. Pourtant, un candidat cherche d’abord à savoir pourquoi il devrait choisir votre établissement.

Avant de détailler les missions du poste, présentez ce qui fait votre différence :

  • l’ambiance de l’équipe
  • les possibilités de formation
  • les horaires ou leur organisation
  • les avantages proposés
  • les perspectives d’évolution
  • les valeurs portées par le management

Une bonne offre ne décrit pas seulement un besoin de recrutement : elle donne envie de faire partie d’un projet.

Les meilleurs candidats ne sont pas toujours en recherche active

L’une des erreurs les plus fréquentes consiste à attendre que les candidatures arrivent.

Or, les meilleurs professionnels sont souvent déjà en emploi. Ils apprécient leur établissement actuel mais restent ouverts à une opportunité plus attractive.

C’est pourquoi les recruteurs les plus performants diversifient leurs canaux de recrutement. Ils combinent jobboards, réseaux sociaux, recommandations internes, viviers de candidats et démarches de sourcing pour toucher des profils qui n’auraient jamais postulé spontanément.

Le sourcing, précédemment réservé aux cadres ou postes à fortes responsabilités, chamboule actuellement les codes du recrutement de profils terrains. En effet, un profil sourcé est valorisé, plus intéressé, plus engagé et donc plus fidèle. A l’ère de l’IA, des solutions de sourcing existe pour automatiser l’approche et ainsi de recevoir en quelques minutes des candidats déjà intéressés. 

Recruter vite est devenu un avantage concurrentiel

En hôtellerie et restauration, les candidats ne restent généralement pas disponibles très longtemps.

Un délai de plusieurs jours entre deux échanges peut suffire pour perdre un excellent profil. Les établissements qui recrutent efficacement simplifient leur processus : premier contact rapide, entretien organisé sans attendre, retour clair après chaque échange et prise de décision dans un délai raisonnable.

Cette réactivité améliore non seulement le taux d’embauche, mais renforce également l’image de l’employeur auprès des candidats, qu’ils soient retenus ou non.

Quels outils utiliser pour recruter dans l’hôtellerie et la restauration ?

Les difficultés de recrutement ont profondément transformé les pratiques des employeurs. Là où une annonce suffisait autrefois, il faut aujourd’hui multiplier les points de contact pour identifier les bons candidats. L’objectif n’est pas d’utiliser tous les outils disponibles, mais de choisir ceux qui correspondent réellement à vos besoins, à votre type d’établissement et aux profils recherchés.

Les jobboards restent utiles… mais ne peuvent plus tout faire

Les plateformes d’emploi conservent un rôle important. Elles permettent de publier rapidement une offre, d’améliorer sa visibilité sur Google et de recevoir des candidatures de personnes en recherche active.

En revanche, elles présentent une limite majeure : elles ne touchent que les candidats qui ont déjà décidé de changer de poste.

Or, dans l’hôtellerie et la restauration, une grande partie des meilleurs profils travaillent déjà dans un autre restaurant ou un autre hôtel. Ils ne consultent pas quotidiennement les annonces et ne prennent pas toujours le temps de postuler.

Les jobboards restent donc un excellent canal d’acquisition, mais ils doivent désormais s’intégrer dans une stratégie plus globale.

Développer son propre vivier de candidats

Les établissements qui recrutent régulièrement ont tout intérêt à constituer un vivier de candidats.

Conserver les coordonnées de personnes déjà rencontrées, reprendre contact avec d’anciens salariés ou encourager la cooptation permet souvent de gagner plusieurs jours lors d’un nouveau recrutement.

Cette logique présente un double avantage : elle réduit les coûts liés aux campagnes de diffusion et limite la dépendance aux candidatures entrantes.

Au fil du temps, ce vivier devient un véritable actif pour l’entreprise, notamment lorsqu’il est entretenu régulièrement. Action, réaction. 

Le sourcing devient un levier incontournable

Les métiers de la restauration évoluent de plus en plus vers un recrutement proactif.

Pourquoi attendre qu’un excellent chef de rang, un responsable de salle ou un réceptionniste décide de quitter son emploi, alors qu’il est possible d’entrer en contact avec lui en amont ?

Le sourcing répond précisément à cette logique. Il consiste à identifier des professionnels qualifiés, à comprendre leur parcours puis à leur proposer une opportunité correspondant réellement à leurs attentes. Cette approche permet d’élargir considérablement le nombre de profils accessibles et d’améliorer la qualité des recrutements.

Quand la technologie accélère le recrutement

Le sourcing manuel reste particulièrement chronophage. Rechercher des profils, analyser les expériences, retrouver les coordonnées puis contacter individuellement chaque candidat demande beaucoup de temps. 

Les nouvelles technologies permettent désormais d’automatiser une partie de ces tâches.

Des solutions comme TalentPicker aident les recruteurs à identifier rapidement des profils opérationnels qualifiés, disponibles ou ouverts à une nouvelle opportunité grâce à un sourcing automatisé. L’objectif n’est pas de remplacer le recruteur, mais de lui permettre de consacrer davantage de temps aux échanges humains, aux entretiens et à l’évaluation des motivations.

Cette approche est particulièrement pertinente dans les secteurs où les besoins sont récurrents et où chaque semaine sans recrutement peut avoir un impact direct sur l’activité : industrie, transport, logistique, commerce, distribution, services à la personne etc;

Comparatif des principaux canaux de recrutement

CanalPoints fortsLimites
JobboardsForte visibilité, candidatures rapidesTouche surtout les candidats actifs
Réseaux sociauxDéveloppe la marque employeur et la notoriétéDemande une animation régulière
CooptationProfils souvent qualifiés et engagésDépend du réseau interne
Vivier de candidatsRecrutement plus rapide, coût réduitNécessite un suivi dans le temps
Sourcing automatiséAccès à des profils difficiles à atteindre, gain de tempsDoit rester personnalisé et ciblé

Réussir son recrutement ne suffit pas : encore faut-il fidéliser ses équipes

Dans l’hôtellerie et la restauration, un recrutement réussi ne s’arrête pas à la signature d’un contrat. L’objectif est également de fidéliser les nouveaux collaborateurs afin de limiter le turnover, préserver la qualité du service et éviter de relancer une nouvelle campagne de recrutement quelques semaines plus tard.

Dans beaucoup de restaurants, le véritable coût d’une embauche ne provient pas uniquement de la diffusion d’une offre d’emploi ou du temps consacré au processus de recrutement. Il résulte aussi des départs précoces, des périodes d’intégration incomplètes et des difficultés à maintenir un niveau de service constant.

Autrement dit, recruter rapidement est une première étape. Donner envie de rester est devenu tout aussi essentiel.

L’intégration conditionne souvent la réussite du recrutement

Les premiers jours jouent un rôle déterminant.

Un collaborateur qui bénéficie d’une intégration structurée, d’un planning clair, d’un responsable disponible et d’un accompagnement progressif développera plus facilement son engagement.

À l’inverse, une prise de poste improvisée peut rapidement conduire à une rupture de la période d’essai.

Quelques actions simples permettent pourtant d’améliorer l’expérience des nouveaux salariés :

  • préparer leur arrivée avant le premier jour
  • présenter l’équipe et le fonctionnement du restaurant
  • remettre une fiche de poste claire
  • organiser des points de suivi réguliers
  • valoriser les réussites dès les premières semaines

Cette phase d’intégration reste souvent sous-estimée alors qu’elle influence directement le taux de fidélisation.

Les soft skills prennent une place grandissante

Dans les métiers de l’accueil, de la salle ou de la cuisine, les compétences techniques restent importantes. Mais elles ne suffisent plus.

Les soft skills deviennent souvent un meilleur indicateur de réussite que certaines expériences passées.

Le sens du service, la capacité à travailler en équipe, l’adaptabilité, la communication ou encore la gestion du stress peuvent faire toute la différence entre deux candidats disposant d’un parcours similaire.

Lors de l’entretien, le recruteur gagne donc à évaluer autant le savoir-être que le savoir-faire.

Former un collaborateur à une nouvelle technique est souvent plus simple que de développer durablement son état d’esprit.

Les outils numériques transforment aussi le recrutement en restauration

Les logiciels de gestion des candidatures, les plateformes spécialisées, l’automatisation de certaines tâches ou encore le sourcing permettent aujourd’hui de gagner un temps précieux.

L’objectif n’est pas de déshumaniser le recrutement, mais d’aider le recruteur à se concentrer sur les échanges à forte valeur ajoutée.

Des solutions comme TalentPicker permettent par exemple d’identifier plus rapidement des profils opérationnels qualifiés grâce à une approche de sourcing automatisé. Dans des métiers où chaque semaine sans recrutement peut désorganiser un planning, disposer rapidement d’un vivier de talents constitue un véritable avantage.

Ces nouveaux outils viennent compléter les canaux plus traditionnels comme les jobboards, les réseaux sociaux, les recommandations ou le site carrière de l’entreprise.

Le véritable enjeu n’est plus seulement de recruter, mais de devenir un employeur choisi

Pendant longtemps, les employeurs pensaient que les candidats devaient convaincre les entreprises.

Aujourd’hui, l’équilibre s’est inversé.

Les professionnels de l’hôtellerie et de la restauration disposent davantage d’opportunités et prennent le temps de comparer les établissements avant de déposer leur candidature.

Ils consultent les avis Google, échangent avec leur réseau, regardent les vidéos publiées sur les réseaux sociaux, analysent la réputation de l’établissement et évaluent la qualité du management.

Cette évolution oblige chaque restaurant ou hôtel à construire une véritable stratégie d’attractivité.

Une offre d’emploi bien rédigée, une page carrière claire, une réponse rapide par téléphone ou par mail, des conditions de travail transparentes et une communication authentique constituent désormais des facteurs de différenciation. Le recrutement devient ainsi un sujet de marketing RH autant que de ressources humaines.

Conclusion

Le recrutement en hôtellerie et restauration restera durablement un enjeu stratégique. Les tensions sur le marché de l’emploi, l’évolution des attentes des salariés et la difficulté à attirer des talents imposent de nouvelles pratiques.

Les établissements qui réussiront demain ne seront pas nécessairement ceux qui publieront le plus d’annonces, mais ceux qui construiront une véritable expérience candidat, valoriseront leur marque employeur, structureront leur processus de recrutement et utiliseront les bons outils au bon moment.

Le recrutement ne consiste plus uniquement à pourvoir un poste. Il s’agit de créer une relation durable entre un employeur et un collaborateur qui partage les mêmes valeurs, le même sens du service et la même envie d’évoluer. Dans un secteur où chaque embauche compte, privilégier la qualité des échanges plutôt que la quantité de candidatures constitue désormais l’une des meilleures stratégies.

FAQ

Comment recruter efficacement en hôtellerie-restauration ?

En combinant plusieurs leviers au sein de la politique RH : une offre attractive, une bonne marque employeur, du sourcing, des réseaux sociaux actifs et un processus de recrutement rapide.

Quels profils sont les plus difficiles à recruter ?

Les serveurs expérimentés, cuisiniers, chefs de partie, réceptionnistes, responsables de salle, managers et profils spécialisés figurent parmi le personnel le plus recherché.

Comment attirer de manière efficace candidats ?

En valorisant les conditions de travail, le management, les perspectives d’évolution, la formation et l’environnement proposé, tout en diffusant les annonces sur plusieurs canaux.

Pourquoi le sourcing devient-il indispensable ?

Parce que les meilleurs candidats sont souvent déjà en emploi. Le sourcing permet d’aller les identifier et les chasser directement plutôt que d’attendre leur candidature.

Comment limiter le turnover en restauration ?

En travaillant l’intégration, la qualité du management, les plannings, la communication interne et l’expérience collaborateur dès les premiers jours.

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